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Légende de Saint Arbogast

Saint Arbogast

 

"Ici, dans l'ermitage qui a donné son nom à la Forêt Sainte, séjourna longtemps, ignoré du monde et ne vivant que pour Dieu, Saint Arbogast. La renommée de sa vertu exemplaire se répandit et, plébiscité par les clercs et le peuple, il fut appelé vers l'an 673 au siège épiscopal de Strasbourg dont il développa le prestige par ses actes, ses miracles et son exemple. L'Alsace reconnaissante lui voue un culte éternel". Voici la teneur de l'inscription latine que vous pourrez lire sur le monument de pierre érigé au Gros Chêne en 1872 par le Curé de St.Georges, V. Guerber. Ces inscriptions accréditent une légende, qui de nos jours, ne résiste plus aux faits historiques.

Il est probable que la Forêt Sainte doit son nom, moins aux ermites qui s'y sont retirés qu'aux nombreux couvents fondés à la suite de Surbourg, à la lisière du massif forestier (Seltz en 991, Walbourg en 1074, Biblisheim en 1101, Neubourg en 1133, Koenigsbruck en 1187). La tourmente révolutionnaire les a tous faits disparaître à l'exception des églises de Surbourg, Walbourg et du mobilier à St.Nicolas de Haguenau et Biblisheim.

 

Arbogast, évêque de Strasbourg, naquit dans la première moitié du VIIe siècle en Aquitaine, de parents de condition noble qui lui firent donner une éducation conforme à leur rang. Ayant connu de bonne heure les dangers du monde, le jeune homme prit l'héroïque résolution de le quitter. Il sut résister à la voix de la chair et du sang ; il abandonna et parents et richesses, pour aller à la recherche d'une retraite dans une région sauvage de l'ancien diocèse de Coire, (Suisse) où il construisit sa pauvre cellule, en chantant des psaumes (vers 660).

Bientôt d'autres cellules furent établies autour de la sienne ; mais Arbogast reprit le bâton de pèlerin, et il trouva une solitude favorable dans une forêt d'Alsace, appelée depuis Forêt Sainte, "Heiligen Forst" et s'y fixa, sans autre désir que de vivre inconnu aux hommes : un chêne séculaire marque l'endroit où le noble fils de l'Aquitaine avait planté sa chétive cabane. Mais l'odeur de ses vertus attira bientôt une multitude de pieux et fervents cénobites (moines qui vivent en communauté) dont il devint le Père.

Déodat, qui avait renoncé à son siège épiscopal de Nevers pour venir vivre dans les forêts d'Alsace et des Vosges, vint l'y voir et dresser sa tente à côté de la hutte d'Arbogast. En peu de temps, une couronne de tentes ou de cellules s'éleva autour de cette hutte et plusieurs couvents s'établirent sur la lisière des bois.

Arbogast construisit alors à l'extrémité de la Forêt Sainte, sur une hauteur dont la base est baignée par la Sauer, une église et un monastère sous le vocable de la Ste Vierge et de St Martin : ce monastère, richement doté par les libéralités du roi Dagobert, prit le nom de Surbourg. Le prince, désirant s'attacher le solitaire de la Forêt Sainte dont la sainteté jetait un si vif éclat, le fit venir dans son palais d'Isenbourg, près de Rouffach ; mais Arbogast, préférant les austérités de la pénitence aux douceurs des palais et au faste de la cour, regagna presque aussitôt sa chère retraite.

Peu après, Rothaire, évêque de Strasbourg, étant venu à mourir, le roi se hâta de placer sur le siège vacant le "Saint" que la voix de tous désigna comme étant le plus digne. Ce fut vers l'an 673. Elevé malgré lui, malgré ses supplications et ses larmes, à cette haute dignité, Arbogast conserva dans sa nouvelle position la même humilité, le même esprit de paix dans le tumulte du monde, le même amour de la retraite au milieu de l'embarras des affaires, le même désintéressement dans l'administration des biens de son Eglise.

A quelque temps de là, Sigebert, le fils unique du monarque, chassant dans la forêt d'Ebersheim, se vit attaqué avec furie, par un sanglier d'une grosseur énorme que les chasseurs poursuivaient. Le jeune prince, isolé à ce moment des autres chasseurs, ne put contenir son cheval effrayé à la vue de la bête furieuse : sa monture se cabra, le cavalier perd selle , est foulé aux pieds de l'animal fougueux et laissé pour mort sur place. Dans sa grande détresse, la famille royale fit appel à l'évêque Arbogast qui vint aussitôt à Rouffach, se mit en prières et rendit la vie à l'héritier du trône franc.

Plein de reconnaissance, le roi et sa jeune épouse Mathilde cédèrent à l'Eglise de Strasbourg, le château d'Isenbourg avec les domaines environnants, ce qui constitua dès lors le "Haut Mundat". Ce fut là l'origine de la souveraineté temporelle des évêques de Strasbourg. Le Saint, entouré désormais d'un nouveau prestige, ne voulut rien accepter pour sa personne, mais seulement pour son Eglise "ad augendum Dei servitium in Ecclesia beatae Matris Christi".

Ni dans ses courses d'apôtre dans les vallées lointaines pour combattre les restes du paganisme, ni à la cour du roi d'Austrasie (royaume dans l'est de la Gaule franque : capitale Metz), son intime union avec Dieu ne put être troublée.

Toujours humble et toujours pauvre, ne pouvant plus chercher la solitude dans les forêts et les déserts, Arbogast sut la trouver non loin de sa demeure. Il choisit un lieu isolé au bord de l'Ill, hors de l'enceinte de Strasbourg (aujourd'hui la Montagne Verte) et y fit élever une cellule. C'est là qu'il se retirait le soir, pour passer une partie de la nuit en prière et en contemplation, après avoir vaqué durant la journée, aux devoirs de sa charge pastorale. Un de ses principaux soins fut de former un bon clergé ; son zèle éclairé triompha de bien des difficultés et il eut le bonheur de voir la religion du Christ s'étendre de plus en plus dans son diocèse. Son nom fut bientôt en vénération, non seulement en Alsace, mais encore dans les Gaules et les provinces voisines du Rhin. Quand sa mission fut achevée en ce monde, quand sa course dut se terminer, la mort vint l'enlever le 21 juillet 678, et il fut, selon son désir formel, enterré sur une petite colline où l'on exécutait les criminels.

Après sa mort, il fût donc enseveli sur la côte Saint-Michel, qui était alors la place du gibet, la côte du bourreau. Ceci advint en 686 après la naissance de Jésus-Christ. Plus tard, en l'honneur de Saint Arbogast, on enleva le gibet et on construisit à la même place une chapelle à Saint Michel. Son corps resta là de nombreuses années, jusqu'à ce que fussent bâtis le couvent Saint-Arbogast à la Montagne Verte, et celui de Surbourg, qui se partagèrent le corps et les ossements du saint.

 

Choisi au siècle dernier pour symboliser le site, "le gros chêne" dans la fôret de Haugenau ce géant, vieux de 5 à 6 siècles a été foudroyé le 13 Novembre 1913. Pour le redresser et le consolider, il a fallu remplir sa base de ciment. C'est ainsi que les promeneurs le découvrent encore aujourd'hui. Une chapelle a été érigée à ses côtés en 1955, et depuis lors de nombreux pèlerinages sont organisés tous les ans, dont le plus important commémore la fête patronale de Saint Arbogast. (En principe le dimanche le plus proche du 21 Juillet).

 

 

Texte issu du site http://www.st-nicolas-haguenau.com

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