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Noël 2012 et nouvel an 2013 : bilan des émeutes

Noël 2012 :

Aucun incident notable n'est à déplorer cette année, hormis quelques feux de voitures et de poubelles, le mobilier urbain dégradé par endroits, rien de comparable aux années précédentes.

 

Nouvel an 2013 :

Le dispositif policier prévu pour Strasbourg qui n'a quasiment pas changé depuis plusieurs années, (3 000 policiers, CRS et gendarmes mobiles appuyés en moyens aériens par 2 hélicoptères et 1 drone) a finalement été considérablement allégé : seulement 650 policiers mobilisés appuyés par 1 hélicoptère. Le dispositif a été présenté par le préfet du Bas-Rhin Stéphane Bouillon au ministre de l'Intérieur Manuel Valls lors de sa visite à Strasbourg le 26 décembre 2012.

En plus de l'arrêté préfectoral reglementant l'usage des artifices, l'arrêté préfectoral du 27 décembre 2012 interdit l'achat, la vente et la distribution de carburant dans tout récipient transportable du 31 décembre 2012 à 8h00 jusqu'au 1er janvier 2013 à 12h00 dans les communes de Strasbourg, Schiltigheim, Bischheim, Hoenheim, Illkirch-Graffenstaden, Lingolsheim, Ostwald et Sélestat.

 

Le bilan humain de la Saint-Sylvestre est très lourd : 2 morts et 1 blessé dans un état critique après des accidents avec des mortiers d'artifices à Dorlisheim, Tannenkirch et Lingolsheim.
Plus de 70 blessés plus ou moins grave dans le reste de l'Alsace.


Strasbourg

La nuit semble avoir été plus calme que les années précédentes, moins d'affrontements directs, néanmoins, le chiffre des voitures brûlées reste important, si d'après les sources officielles seulement 45 voitures ont été incendiées (d'après un bilan provisoire), des chiffres beaucoup plus importants circulent, en réalité, le chiffre atteindrait les 170 véhicules détruits.
Officiellement, les carcasses sont toutes entreposées à la fourrière communautaire rue du Doubs à Strasbourg, mais dans la réalité, en plus de la fourrière, elles sont dispatchés dans une dizaine d'autres lieux tenus secrets, notamment des casses autos. Ceci dans un seul but : faire baisser les chiffres en cachant les carcasses.
Les chiffres des pouvoirs publics n'ont aucune légitimité car ils ne prennent en compte que très peu d'incendies de véhicules. Pour mieux comprendre, il faut regarder le système de comptabilisation des incendies de véhicules.

Comme à chaque réveillon, des voitures et poubelles ont été incendiées et le mobilier urbain dégradé dans les quartiers de Hautepierre, Cronenbourg, Koenigshoffen, Montagne Verte, Elsau, Meinau, Neuhof.

 

Côté blessés, on n'en dénombre plus d'une trentaine pour des blessures graves par artifice, dont une fillette de 3 ans qui a eu la main arraché par un pétard allumé qu'on a placé dans sa main, une femme enceinte de 8 mois a également eu une main arrachée et un policier a été blessé à la tête par un artifice. Le jeune homme de 20 ans, transféré à l'hopital de Hautepierre suite a un accident avec un mortier à Dorlisheim est décédé des suites de ses blessures le 1er janvier dans la matinée, un jeune homme grièvement blessé à la tête par un mortier à Lingolsheim se trouve dans le coma à Strasbourg. Le jeune homme de 24 ans également blessé par un mortier à Tannenkirch, d'abord hospitalisé à Colmar a été transféré à Strasbourg, où il a succombé à ses blessures. 3 enquêtes judiciaires ont été ouvertes pour faire la lumière sur ces accidents.


Manuel Valls, ministre de l'Intérieur lors de son allocution télévisée du 1er janvier, à fait état de 70 véhicules incendiés dans le Bas-Rhin (bilan provisoire), a déploré la mort d'un jeune homme de 20 ans dans le Bas-Rhin, tué par un mortier, il a également déploré le blessé grave dans le Haut-Rhin, il a également annoncé qu'il n'y a pas eu d'affrontements entre jeunes et policiers sur le territoire national, hormis à Strasbourg et Mulhouse.

Stéphane Bouillon, préfet du Bas-Rhin et de la région Alsace, a déploré la mort du jeune homme et le blessé grave. Il déplore également la différence de réglementation entre les départements alsaciens en matière d'artfices. Il a indiqué que la réglementation sera dorénavant indentique aux 2 départements et considérablement durcie pour éviter tout autre accident grave voir mortel. Il remet sur la table l'interdiction totale des artifices, considérant que la donne a changé avec ce drame.

 

Quartier du Neuhof

Des émeutes ont éclatées entre jeunes et policiers, pompiers et policiers sont devenus des cibles de tirs tendus de mortier lors des interventions sur feux de voitures et de poubelles.

 

Quartier de Hautepierre

Des incidents entre jeunes et policiers ont été signalés.

 

Bas-Rhin

Des incidents ont éclatés entre jeunes et policiers à Hoenheim et Ostwald. Les pompiers ont essuyés des tirs tendus d'artifices et des jets de pierres à Saverne. Des poubelles ont été incendiées à Steinbourg et Hochfelden, des voitures brûlées à Ingwiller et Gerstheim.

 

A Dorlisheim, un jeune homme de 20 ans a été grièvement blessé au visage par un mortier, il a été transporté inconscient dans un état grave à l'hopital de Hautepierre ou il a succombé à ses blessures dans la matinée du 1er janvier. Une enquête a été ouverte pour déterminer de quel artifice s'agit-il exactement et si il s'agit d'un défaut de l'artifice ou si l'accident résulte d'une mauvaise manipulation.

D'après les premiers éléments, la bombe d'artifice logée dans le mortier ne serait pas sortie après l'allumage, le jeune homme se serait alors penché au dessus pour voir ce qu'il ce passe, l'artifice est alors parti et lui a alors explosé en plein visage. Une manoeuvre qui est strictement interdite par le mode d'emploi qui figure sur l'artifice.

 

Haut-Rhin

Un jeune homme de 24 ans est décédé après avoir été grièvement blessé au visage par un mortier à Tannenkirch, transporté en urgence à l'hopital de Colmar, il a été transféré plus tard à l'hopital de Strasbourg-Hautepierre compte-tenu de son état critique. Il est décédé le 2 janvier dans l'après-midi à Strasbourg.

Plus d'une trentaine de blessés ont été recensés à Mulhouse et plus d'une dizaine à Colmar. Un policier a été blessé à la main à Mulhouse lors d'une interpellation.

 

Des pompiers et policiers caillassés à Guebwiller ou plusieurs voitures ont été incendiées. Quelques incidents entre jeunes et policiers à Colmar. Des véhicules et poubelles incendiés à Colmar, Wittelsheim, Thann, Staffelfelden

A Mulhouse, la situation était tout autre avec des violents incidents dans tous les quartiers sensibles de la ville, des nombreuses voitures et poubelles ont été incendiées, le mobilier urbain saccagé, de nombreux guet-appens à l'encontre des policiers et pompiers dont 2 de leurs véhicules ont été détruits, jets de pierres, d'artifices et de cocktails molotov sur les véhicules.

Plus de 60 voitures ont été incendiées à Mulhouse selon un premier décompte. Les premières ont été allumées à 18h, tandis que le lendemain matin à 6h, on dénombrait encore plusieurs incendies de véhicules. Le plan "Violences urbaines" a été déclenché à Mulhouse, plan qui prévoit qu'en cas de danger grave pour les secours un recours systématique à une escorte des forces de police.

 

Les syndicats de pompiers dénoncent « des tentatives de meurtre »

« Les pompiers sont en colère. Nous ne serons pas les moutons qu’on mène à l’abattoir » avertissent par communiqué les syndicats CGT et FO du Service départemental d’incendie et de secours du Haut-Rhin après les violences de la Saint-Sylvestre.

 

Cibles de multiples agressions et guets-apens durant la nuit du réveillon, les sapeurs-pompiers de Mulhouse ont réagi le 4 janvier par la voix de François Meyer et Richard Beaume, délégués syndicaux CGT et FO pompiers du Haut-Rhin.

« Les événements qui se sont déroulés dans la nuit de la Saint-Sylvestre à Mulhouse sont sans précédent. La violence, ou plutôt l’ultra violence des faits qui ont été perpétrés contre nos collègues nous font nous interroger sur le devenir de l’activité des sapeurs-pompiers dans cette ville.

En effet, depuis une dizaine d’années, nous n’avons pu que constater la dégradation de nos conditions d’intervention au mieux dans un climat tendu et, de fait, peu propice à l’exécution de nos missions, au pire dans un contexte de guérilla urbaine comme lors de la nuit du 31 décembre.

Les comptes rendus d’interventions et les dégâts occasionnés à nos véhicules prouvent qu’une étape a encore été franchie à Mulhouse. Cet été déjà, des actes inqualifiables ont été perpétrés durant trois semaines contre les SP (guet-apens avec caillassage, utilisation de cocktails Molotov et d’armes à feu). »

« Même en temps de guerre les ambulances sont préservées »

« Quelle réponse a été apportée ?

Monsieur Valls, Ministre de l’intérieur, s’est déplacé jusqu’à Mulhouse début septembre 2012 en promettant le « retour à l’ordre républicain partout » et en annonçant le classement de trois quartiers mulhousiens en ZSP (Zone de Sécurité Prioritaire)… Discours type déjà maintes fois entendu (De Villepin en 2004 au Drouot, Sarkozy en 2006, etc.). Juste un petit rappel, le fait d’avoir été classés en ZUS (Zone Urbaine Sensible) pour six quartiers mulhousiens, et ce dès 1996, n’a strictement pas enrayé la montée en puissance des violences urbaines…

La ville de Mulhouse est devenue en grande partie une zone de non droit, au sein de laquelle nous sommes tenus d’intervenir coûte que coûte.

Si certains élus bien-pensants s’acharnent à affirmer que les pompiers sont uniquement visés parce qu’ils sont des représentants des institutions, nous les invitons à venir constater les dégâts sur nos véhicules. L’objectif des individus, qui ont lancé des pavés de plusieurs kilos à une distance de trois mètres, est on ne peut plus clair : tuer ! »

« Il arrivera un moment où nous n’interviendrons plus »

« Nous n’avons quasiment pas de droit de retrait et devons faire face à notre obligation de porter secours. Il arrivera un moment, vu les circonstances, où nous n’interviendrons plus. Il y a une limite à tout !

Nous savons que notre métier est dangereux, nous nous entrainons pour en minimiser les risques, mais le comportement irrationnel de ces individus est imprévisible et a des conséquences directes sur la population mulhousienne. Briser le pare-brise d’une ambulance (qui se rendait sur un arrêt cardiaque !) en est un exemple flagrant. Même en temps de guerre ce type de véhicule est préservé !

Les pompiers de Mulhouse sont en colère, une colère sourde qui menace…

Nous ne serons pas les moutons que l’on mène à l’abattoir !

Alors, messieurs les élus et représentants de l’Etat, réagissez avant qu’il ne soit trop tard ! », concluent la CGT et FO.

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